:: Journal d'une boulimique ! ::

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:: Mercredi 12 novembre 2008 ::

Les montagnes russes

Je regardais une veille photo de classe. La tête de mes camarades, tous avec des personnalités distinctes. Pas un ne ressemblant à l’autre. Des gens bons, et d’autres mauvais.

L’image de la terre m’est venue à l’esprit. Une évidence illuminant l’espace aussi brièvement qu’un coup de tonnerre.

 

La classe était à moindre échelle, une représentation du monde.

 

En observant l’iris figée du souffre douleur de la classe sur la papier glacé, j’ai compris qu’importe l’endroit où j’étais, même mortifiée par la solitude : j’ai pensé qu’il y aurait toujours des âmes charitables. Des hommes capables de tendre la main, des vrais amis.

 

Alors, si il m’arrive encore de penser que le jour s’achève au dessus l’humanité, alors, c’est à coup d’éclairs que je devrais embraser l’obscurité pour m’apercevoir que le monde est toujours beau.

 

Vous voyiez, il y a des jours où je suis capable de retrousser mes manches et de me dire : on y va ! Des nuits où j’avance dans le noir, sans crainte, juste car je peux y croire.

Je dois bien avouer qu’il est effrayant cet espace. Dans la lumière, je me sens perdue, indécise face aux choix. La peur constante de ne pas aller dans la bonne direction.

La peur de vivre.

 

Elles sont fatigantes ces montagnes russes qui me font monter et descendre sans jamais cesser.

Être bien, aller mal.

Une dualité qui scinde ma personnalité en deux, et fragmente ma vie ici bas.

 

J’ai tenté de faire mon nid en bas, puis tenter de le construire en haut. J’ai fini par dénicher des choses qui me convenaient en deux pôles opposés. A présent, je ne sais pas où me poser. A quoi je préférerais renoncer. Alors, inconsciemment, je continue. Je suis une gamine dans un ascenseur, j’appuie sur tous les boutons. Je suis une sale môme, seule dans une boite.

 

Est-ce que je ne veux pas guérir ?

Ou bien, est ce la maladie qui malmène jusqu’à mes états d’esprits.

Ma façon de raisonner n’est peut être pas subjective ?

La maladie décide-t-elle de tout ?

 

La, je suis encore perdue.


:: zouma 2008-11-12 17:29:16 [Permalien] ::
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:: Mardi 28 octobre 2008 ::
Léa

Elle a deux grands yeux, les sourcils souvent froncés malgré son âge.

Il suffit de lui parler et elle sourit. Il suffit de la prendre dans mes bras pour qu’elle cesse de pleurer.

 

Elle observe le monde sans se demander si il est beau ou laid. Elle ne sait même pas que ça existe, il n’y a pas de nuance dans sa vie. Elle détaille simplement de son regard noir et brillant, les choses qui l’entourent. Elle scrute sans critiquer, elle contemple pour s’émerveiller. Et quand sa petite bouche potelée se met à sourire… Oh mon dieu ! Elle est belle à en pleurer. Tellement belle.

 

Il y a tant d’horreurs dans ce monde, trop d’évènement douloureux. Et sa beauté, son jeune âge, son innocence, sa fragilité. J’ai envie de la protéger, de ne lui montrer que les splendeurs du monde.

 

Léa.

Aujourd’hui, elle a 3 mois.

Elle grandit chaque jour sous mes prunelles ébahies.

Quand elle sourit, je dois cacher mes larmes. L’entendre babiller me submerge d’une douce chaleur, une émotion sans nom de laquelle je pourrais me nourrir toute une vie.

 

Cette petite irrite l’instinct maternel qui voudrait s’exprimer en moi. C’est douloureux d’imaginer que je n’aurais probablement jamais d’enfant. Que je ne participerais jamais à la beauté du monde.

Je doute de tant de choses. Mais si il y avait un domaine dans lequel je ne craignais rien, c’était celui là. J’aurais pu être une mère fabuleuse, je n’en ai pas le moindre doute.

 

J’aurais pu…


:: zouma 2008-10-28 15:43:37 [Permalien] ::
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:: Lundi 27 octobre 2008 ::
Peut être...
Que je n'aurais jamais d'enfants...
:: zouma 2008-10-27 15:36:00 [Permalien] ::
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:: Mercredi 22 octobre 2008 ::
Un bout de liberté.
Je suis engagée: un CDD. J'espère que c'est le début de la fin.
:: zouma 2008-10-22 14:23:39 [Permalien] ::
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:: Dimanche 19 octobre 2008 ::
C'est en moi...

J’ai succombé à mes propres berceuses.

Je me suis imaginée, vivant seule, de façon saine.

Un savoureux bonbon : doux et sucré.

 

Au cœur de l’enrobage, gisent des saveurs amères pour la plupart des mortels. Mais pour ceux de mon ‘espèce’, c’est un agrément délectable.

Sous l’épais glaçage, mensonge bien déguisé, mon cœur bat d’impatience.

Je n’ai plus qu’une idée en tête : être seule et crever de faim.

Non contente du reflet peu ragoûtant que dégueulait mon miroir, j’ai fais un pacte avec satan. Un marché diabolique, un soir en tête à tête avec la mort.

 

On dit que les béliers sont têtus, fonceurs. Alors j’espère atteindre mon précieux objectif, en attente nappé dans le sucre.

Ca fait des années que je rêve de cette vie là, de cette liberté.

J’arrive presque au but… Il me manque l’indépendance…

 

Mardi, je saurais si j’ai du boulot.

Mardi, si la réponse est positive, j’avancerais d’un énorme pas dans ma quête de liberté.

 


:: zouma 2008-10-19 19:29:30 [Permalien] ::
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:: Jeudi 18 septembre 2008 ::
Il vient un temps.

Parfois le temps ne permet pas aux choses de se remettre en place.

La réalité se pavane à présent sous mes yeux. Elle se dandine en se moquant des espoirs qui ébauchaient mes ailes.

A cet instant précis, j’ai compris.

Pas de passé, pas d’avenir.

Je dois construire dans le présent et non plus sur les phantasmes d’une vie.

 

La décision est de partir… Tant pis si je ne suis pas infirmière…

Peut être que je le regretterais… Certainement.

Mais je dois m’en aller… Cette décision, je ne la déplorerais jamais.

 

Il est difficile de souffler sur ses projets, de ravaler mes larmes.

Elle est sadique cette force qui me pousse en avant, qui me tire sur le fil de la vie.

Mais je me laisse entraîner, toujours avec l’espoir que le temps me permettra de rebondir.

 

Même si le temps n’est pas aux rêves, il est humain de croire qu’il viendra un moment où je pourrais m’y consacrer.

Un jour, de mes ailes, je survolerais ma réalité.


:: zouma 2008-09-18 16:16:06 [Permalien] ::
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:: Jeudi 4 septembre 2008 ::
La rentrée

Partir n’est pas envisageable.

Pourtant, la thérapeute me le conseille. Elle pense que rester ici ne m’aidera pas.

 

Je me suis renseignée. Un salaire d’aide soignante à mi-temps doit s’élever à 800 euros. Et ça ne suffit pas pour payer un loyer, une voiture (dont j’ai absolument besoin pour mes stages et les cours). En gros, impossible de partir. Sauf si j’abandonne l’idée d’être infirmière…

 

C’est facile de pleurer sur son sort, de dire qu’il n’y a pas d’issues… Mais il n’y en pas !

Mon Dieu…

Le bonheur est drapé de noir, la quiétude est silence. L’espoir est richesse.

 

La nuit n’a jamais été aussi obscure pour la pauvre spectatrice que je suis.

25 ans mes amis…

Et je ne suis rien.

 

‘Demain’ pèse sur mon sternum. Et pourtant, j’aurais le plus éclatant des sourires.


:: zouma 2008-09-04 15:06:54 [Permalien] ::
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:: Lundi 28 juillet 2008 ::
"La déchirure", Michelle Larivey, psychologue-poète :

Je n'ose pas sortir la tête de mon coeur
car je sais qu'ils vont frapper plus fort

(On dirait que la peine et la peur les attisent).


La main de ma maman est lourde et cinglante
les coups du grand loup de la ruelle s'agrippent dans mon ventre
comme des petits fruits pourris.

C'est pas ma faute, je dois rester plié
mais eux pensent que je fais courbette
et vlan, m'en flanquent une!

Moi je ne fais que protéger mon ventre... que baisser les yeux
pour qu'aucun jet du coeur ne gicle sur eux

parfois ce serait de l'acide pur
parfois le sel concentré de mes larmes que j'ai tordues

pour qu'ils ne piétinent pas dedans

parfois du sang
oui, du sang bien rouge qui les marquerait à jamais
comme toutes les petites lames qu'ils ont insérées en moi.


Il n'y a personne pour me défendre.

Je voudrais seulement qu'elle m'aime...
Oh! pas autant que ma soeur
juste un peu
mais elle dit que je suis bête comme mon père
et faible...

Mon papa est mou
lorsque je hurle de douleur, il plonge le nez dans son verre
parfois une goutte d'eau glisse de son oeil
et roule au bord de son nez
il ne l'essuie pas...

Je n'espère plus.

Alors, comme le petit Prince, je m'invente des planètes, des roses, des éléphants...

et flotte autour du soleil
qui sera plus tendre pour moi quand je serai grand
quand je serai sorti de cette galère.

Je suis grand maintenant
et j'erre encore d'une petite planète à l'autre.

Le miracle a échoué...

Je tente bien d'être parfait
mais ils attaquent quand même.
J'ai mal
alors je recule car je n'aime pas attiser
ils me pourchassent jusque dans les coins...

Que puis-je faire?

Jusqu'à ma femme qui m'assomme et m'abîme des pieds à la tête!
Je voudrais qu'elle m'aime un tout petit peu.
Combien de fois ne lui ai-je pas baisé les genoux pour cela?
Je me relève toujours le coeur saignant
je ne puis lui montrer ce coeur
elle sait trop comme le découper pour ensuite l'émietter.

Ils m'ont donné des cachets
qui endurcissent le coeur.


Mais que ferai-je d'un coeur dur et sec?

Je dois sortir la tête de mon coeur
et crier haut et fort à la cruauté et à l'injustice.
Je dois sortir les poings de mon coeur
et frapper là où la mesquinerie s'acharne.

Je dois me protéger
coeur et âme!


:: zouma 2008-07-28 15:02:21 [Permalien] ::
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:: Jeudi 17 juillet 2008 ::
Sur les planches.

Il me faut trente minutes de marche, de chez moi à mon job d’été.

Je ne suis jamais essoufflée, j’adore marcher. J’adore arpenter la ville quand la plupart des citoyens dorment encore, profitant des vacances. L’air est frais, doux. Quand j’inhale ces bouffées d’oxygène, j’ai la sensation d’être plus légère. Un peu comme si j’étais purifiée. Mon regard saute d’un point à l’autre du paysage : des oiseaux sur un mur, une veille dame à sa fenêtre, le vert énergisant d’un arbre,… J’observe le monde, loin du vacarme de mes murs, un pas après l’autre, j’oublie les briques qui m’enjôle.

 

J’oublie.

 

Le monde est différent. Il semble ne jamais avoir été noir. Comme un vieux souvenir tronqué, improbable. Mes pensées ne sont plus polluées, je peux enfin m’ouvrir sans crainte. Comme les bras d’un parent qui s’ouvre pour l’enfant qu’il aime. La beauté du monde me berce, la nature m’apaise.

 

Puis arrive la foule et le rôle qu’il me faut jouer. Ca n’est pas déplaisant, c’est un jeu. Jongler avec le karma des gens et modeler ma personnalité pour qu’ils apprécient celle que j’incarne. La plupart du temps, j’y arrive sans difficulté. Le temps d’une vente, d’un renseignement, d’une soirée.

J’opère de la même manière hors du boulot, dans mes études… C’est assez facile lorsque les gens ne veulent pas établir de relation durable.

 

Jouer le jeu, interpréter un rôle, s’imbriquer dans la société. Etre connue de tous, mais en restant une anonyme.

Même de moi.

 

Le soir, je rentre, toujours à pied. Il me semble que mes chaussures sont lourdes, la route est stressante et oppressante. Je porte comme fardeau ma journée de mensonge. Complètement paumée, je pousse la porte de son domicile. Je ne suis pas moi et je n’ai pas de chez moi. L’air devient compact, j’ai la sensation d’être écrasée. Alors, comme vous vous en doutez, je finis par bouffer.

 

Et tous les jours, je recommence.

Ainsi va la vie, la valse du temps, déterminée par une inconnue dont j’apprécierais qu’elle me conte la fin.                                                                                                                               


:: zouma 2008-07-17 03:36:06 [Permalien] ::
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:: Dimanche 13 juillet 2008 ::
Thérapie I

J’ai commencé hier une thérapie.

Elle m’a demandé de diviser une feuille en deux parties, d’écrire les choses positives et négatives qu’il s’était passé dans ma vie.

C’est plus dur que je ne l’imaginais. Je pourrais mentir, ne pas citer les évènements dont je ne veux pas qu’on parle. Ceux que je garde pour moi.

Dois je être honnête avec cette feuille A4 ?

Dois je vraiment raconter ma vie pour m’en sortir ?

 

Cela semblait enfantin comme exercice. Elle m’a dit : « prends ton temps, c’est pour notre prochaine rencontre. »

Quand elle a dit que je devais prendre mon temps, ce n’était pas pour faire joli dans la conversation.

C’est vraiment complexe.

 

Saloperie de feuille blanche !

 

J’ai eu la chair de poule lorsqu’elle a parlé d’hypnose, d’EMDR (http://www.bipe.be/Framesmenu.html) …

J’ai peur de raconter, audiblement, des choses que je garde pour moi, en moi.

J’aimerais que certaines choses restent planquées au fond de ma cervelle.

« Les choses dont on ne parle pas, n’existent pas ! » : j’en suis convaincue.

Ma bouche est scellée depuis si longtemps…

 

Ma boulimie est le sommet de l’iceberg, c’est ce qu’elle a dit… J’aurais tant voulu que cette saloperie soit l’unique problème.

 

Merde…

Je ne veux pas parler…


:: zouma 2008-07-13 17:47:21 [Permalien] ::
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:: Jeudi 3 juillet 2008 ::
Maturité

Putain ! Mais d’où me vient cette rage…

Je sais que je radote et que je finis toujours par dire la même chose. Mais, non de dieu, comme j’aimerais me taper la tête contre le bord de la table. J’ai dans l’idée que c’est la seule chose qui peut me calmer. Dans ma tête, sous mes os crâniens, bouillonne une chose étrange que je n’arrive pas à nommer. Ca a la fureur d’un titan. Le souffle du chaos.

 

Je ne peux pas m’empiffrer.

 

Une année de plus, à traîner les pieds dans ce calvaire. A céder à des chantages odieux pour garder pignon sur l’enfer. J’étouffe, et je n’ai pas la force de claquer cette porte. Cette femme, bien plus petite que moi, n’a pas fini de faire de ma vie un bagne. Bientôt drapée de blanc, cette sorcière me propose une pomme, que j’accepte pour son bon sourire. Pourtant, je connais la chanson…

 

C’est à cause de l’espoir. Cette saloperie fait, d’un lampion, un gigantesque feu d’artifice. Alors, quand elle est aimable plus d’une heure, je m’emballe. J’ose imaginer qu’elle est en train de changer. Mais personne ne change. Et bientôt, elle revient avec toutes ses bassesses. Le probable avenir que j’imaginais s’évapore.

 

Et a nouveau, c’est le vide. Je redeviens orpheline.

Seule au monde.

La sensation étrange de ne pas être à ma place, mais bien obligée d’être là. Je n‘ai pas le choix.

 

Comme lorsque j’étais gamine. Pendant la nuit, mon petit frère hurlait. Ma mère travaillait de nuit. Mon père cuvait. Alors, du haut de mes huit ans, je me transformais en maman. J’allais m’allonger sur le sol dur de sa chambre, à côté de son lit cage. Je lui donnais la main pour le rassurer, ne sachant pas trop quoi faire. J’étais tétanisée à l’idée qu’il meurt. J’imaginais le pire, et je n’arrivais pas à savoir ce qu’il faudrait faire. Je crevais de froid. Il faisait noir. Morte de trouille. Endossant les épaules d’une femme que je n’étais pas encore. Je culpabilisais à l’idée de fermer un œil.

 

La solitude qui mortifiait mon corps recroquevillé durant ces nuits de veilles, ne m’a plus jamais quittée.

Bon dieu ! Que ça fait mal…

A ces années que l’on m’a dérobé, je pleure (enfin).

 

La vie n’a plus de goût… Depuis trop longtemps mature, comme une fruit arrivé à l’apogée de sa croissance, je finis de m’altérer.


:: zouma 2008-07-03 14:23:30 [Permalien] ::
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:: Jeudi 26 juin 2008 ::
Sans commentaire...

Il me reste les yeux pour pleurer.

Rien ne tombe.

 

Le bas d’une colonne m’a appris que j’étais sans avenir.

Le chiffre gras qui m’a abattue ce matin, n’est rien de plus que le reflet de la maladie.

Mes pupilles se sont resserrées sur le pourcentage noté comme une corde autour du cou d’un pendu.

 

‘CLAC’

 

Et c’est le trou noir.

Gros = raté

 

Bien sûre…ce n’est pas vrai.

Mais ça reste une vérité ‘pathologique’ scarifiée dans ma boîte crânienne.

 

J’ai envie de fermer les yeux… De rencontrer le maître de nos destinées et de lui demander : « Pourquoi ? »

Juste ça.

Pour ne plus me sentir coupable.


:: zouma 2008-06-26 11:00:47 [Permalien] ::
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:: Mardi 17 juin 2008 ::
J'ai craqué...
Je ne me suis pas pesée... Mais l'image dans le miroir me dégoûte... J'en ai acheté...
:: zouma 2008-06-17 08:40:00 [Permalien] ::
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:: Dimanche 8 juin 2008 ::
J'ai peur.

Ca va faire presque trois mois que j’ai stoppé les laxatifs.

Je suis contente.

J’ai un transit presque normal à présent…

 

J’ai peur.

 

Comme une addict, j’y pense tous les jours. Je reste tentée.

Plus encore avec les examens qui me laisse le temps de bouffer, de criser mais pas de gerber…

 

J’ai peur.

 

Je n’ai pas envie de céder.

Monter sur la balance m’effraie.

Je vais attendre la fin des exams…

 

Peur, oui j’ai vraiment peur.


:: zouma 2008-06-08 15:28:58 [Permalien] ::
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:: Vendredi 6 juin 2008 ::
Je suis n'importe qui

C’est encore une de ces soirées où je me demande ce que je peux faire pour… Me vider, me purifier.

Encore une nuit où mon crâne vrille car mes larmes sont incapables de tomber.

Je me sens vide, sèche.

 

Il arrive que la bouffe n’étouffe pas cette bête qui est en moi.

Alors j’ai envie de me faire du mal.

Un besoin malsain, une pulsion auto destructrice.

Cette nuit, dégueuler ni changera rien.

 

Je pense au tiroir de ma table de nuit.

Il contient un agenda qui cache un autre moyen de me vider.

Bien aiguisée.

J’en ai besoin, son reflet me charme.

La douleur qui jaillira est une promesse de réconfort.

 

La honte m’assaille au moment d’écrire ces mots.

J’ai peur d’être jugée. Mais ne soyez pas trop sévère.

Je pourrais être une amie, une cousine, une passante, un sourire,…

Oui, je pourrais être celle que vous appréciez, celle qui vous met de bonne humeur.

La personne avec qui vous bavardez, mais qui ne vous dit rien.

La fille qui cache des horreurs pour se faire apprécier et, elle l'espère :

 

Etre aimée


:: zouma 2008-06-06 17:09:33 [Permalien] ::
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:: Mardi 27 mai 2008 ::
Paradoxe.

Je veux ressembler à la mort, avoir l’épaisseur de mon squelette.

Que toutes les tailles de vêtements soient trop larges.

Un jour, je l’espère, je serais mince à en être invisible.

Mince à tel point que tous les coups rateront leur destination.

Mince, à tel point fondue qu’il n’y aura plus de féminité.

Fini d’être une bonnasse, de voir la luxure dans leur regard.

 

Les bras qui m’enlaceront n’auront pas d’autre but que ceux de m’aimer et de me protéger.

Je n’aurais plus de raison d’avoir peur.

Dans ce squelette, il n’y aura plus que mon âme à aimer.

Plus que moi.

 

Ce jour venu, je pourrais me montrer vulnérable.

Plus personne n’abusera de ma naïveté.

Je serais un pantin, plus une poupée.

 

Lorsque je bouffe, je distance mon but.

J’ai peur d’être aimée. De me dévoiler.

Parfois, je préfère rester une poupée.

 

Puis, je dégueule mes tripes.

Je vomis le paradoxe : je ne suis pas un objet.

Une fois vide, purgée de la nausée, je reste vide.

Perdue, à la recherche d’une identité.


:: zouma 2008-05-27 13:11:34 [Permalien] ::
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:: Samedi 24 mai 2008 ::
Le doute

Avoir le doute, c’est quelque chose d’handicapant dans la vie de tous les jours : Ca me rend ‘cruche’ !

Peu importe le domaine : famille, amour, travail… Cette épine me mortifie.

Le doute me laisse une impression étrange située au niveau du centre de gravité. J’ai l’impression que mes entrailles ont été trop laquées, comme la touffe mauves des mamies.

A l’étroit, trop serrée, le diaphragme inhibé, j’en perds l’équilibre.

Je suffoque, mes yeux brillent. Les mots manquent. La peur me teinte les joues de roses.

Je vais me décomposer. La laque commence à craqueler

 

Le doute lors de mes actes.

Le doute en la parole d’autrui.

Le doute en la réalité.

 

Un serpent qui siffle, s’entortillant autour de mes hémisphères, terminant son voyage dans un virage serré autour de mes carotides.

Maîtrisée par l’angoisse, je me laisserais volontiers choir au sol. Les yeux ouverts sur l’infini. La bouche bée des choses que je ne peux dire.

Je rêve de reposer sur le sol trop froid, trop dur, de déposer les armes. Juste un moment de repos.

De me dire que ce n’est pas grave.

 

Mais je suis toujours debout, bravant le malin. Ignorant le doute de manière farouche. Déguiser mes peurs de façon burlesques.

Je saute par-dessus l’énorme point d’interrogation. Adepte du saut d’obstacles, adepte des murs devant moi.

Je n’ai pas de médaille olympique, et je traîne certainement la patte.

Je pleurniche ; je râle comme ils disent.

Mais je suis là.

 

Il y a un moment où on cesse de dire qu’on veut crever.

Le temps passe, on ne passe jamais à l’acte.

Alors, notre désespoir devient ridicule.

On est pathétique.

 

Je ne veux pas être pathétique. Et même si je le suis, il n’y a que moi qui le sait.

Vous sûrement.

 

Chut !


:: zouma 2008-05-24 18:36:38 [Permalien] ::
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:: Dimanche 18 mai 2008 ::
"il y a ton sourire" - Damien Saez

La chanson qui me fait chialer à chaque fois. Ces paroles m'incisent le coeur. On fait tous des choix. Parfois, on doit seulement prendre celle qui s'avère la meilleure; même si cela ne plait pas.

Il y a ton sourire qui se lève
C’est comme une lueur d’espoir
Il y a l’ombre et la lumière
Au milieu de notre trajectoire
Il fallait choisir une route
Alors on a choisi la pluie
L’acide à s’en brûler le cœur
Pourvu que planent les esprits
Il y a des yeux qui me tuent
Quand tu me dis c’est fini
Il y a le vent tout en sanglot
Qui souffle pour une amnistie
Mais rien n’arrêtera la lutte
Rien ne séchera cette pluie
Rien ne finira la chute
Rien ne finit l’infini

Rien ne desserrera nos mains
Rien n’éteindra l’éphémère
Nos forces, nos forces seront nos destins
Puis nous perceront les mystères
Il y a les lois de l’empire
Et les trous noirs dans ma mémoire
Il y a le meilleur et puis le pire
Au milieu de notre trajectoire
Combien tu vends ta liberté,
Dis combien tu vends ta poésie
Moi j’ai même vendu mon âme au diable pour ton sourire
Puisque tout est aléatoire dans le chaos des univers
Et puisque insoluble est la réponse et puisque déjà me manque l’air
Et qu’importe les directions jusqu’au delà de la limite
Tous les chemins mènent à tes yeux
Tous les chemins mènent à la fuite

Rien ne desserre nos mains
Rien n’éteindra l’éphémère
Nos forces seront nos destins
Nous perceront les mystères
Rien ne desserrera ces poings
L’univers, l’univers nous retrouverons nos chemins
Nos idées puis l’univers

[...]


:: zouma 2008-05-18 07:43:05 [Permalien] ::
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:: Samedi 26 avril 2008 ::
Mon frère

La trotteuse avance. La peine s’alourdit sur nos épaules.

La douleur, qu’engendre l’amour fraternel impuissant, va bientôt nous propulser sur des rives différentes.

Moi aussi, je voudrais ne plus me détruire.

Crois moi.

 

Mais les secondes courent. Toujours des promesses, toujours de l’espoir…

Les paroles, toujours les paroles...

Tu n’en peux plus d’attendre. Tu en as assez de ces promesses sans lendemain.

 

Aujourd’hui, tu me gifles à coup de mépris.

Demain, tu t’en iras.

 

Et la boulimie, une fois encore, aura gagné.


:: zouma 2008-04-26 12:32:36 [Permalien] ::
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:: Dimanche 20 avril 2008 ::
25 ans

J’ai eu 25 ans, il y a quelques semaines.

 

J’ai 25 ans,

J’aurais dû être infirmière, j’en serais à ma troisième année de boulot.

J’ai 25 ans,

C’est l’âge à laquelle je voulais faire mon premier enfant.

J’ai 25 ans,

Je devrais être en ménage avec Koibito.

J’ai 25 ans,

Je devrais me sentir libre, avoir mon chez moi.

 

Mais j’ai 25 ans,

Et je suis toujours malade…

 

Je suis en deuxième année dans une école d’infirmière,

La fin de l’année s’annonce difficile vu ma santé…
Je n'ai plus de copain... On était ensemble depuis 6 ans et 9 mois...
Je n'aurais pas d'enfant avant des années lumières...
Je pourris chez ma mère, dans ma chambre suffocante...

J'ai 25 ans... et parait que j'ai la vie devant moi...


:: zouma 2008-04-20 14:20:10 [Permalien] ::
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:: Samedi 19 avril 2008 ::
Quand je pense à toi...

Dans le reflet du cristal,

Il y avait ton sourire.

Comme une promesse réconfortante,

Des jours ensoleillés au bord de la route.

 

Mais la maladresse,

Et la boule qui roule,

Des éclats de cristal.

 

Maintenant j’ai des morceaux de ton sourire,

Incrustée bien profond dans le cœur.

Précieuse comme les pierres

Qu’on ne remplace jamais.

 

Demain j’irais voir ton reflet,

Dans les remous d’un canal.

Comme une promesse réconfortante,

Chargée de pierres précieuses.

 


:: zouma 2008-04-19 13:44:03 [Permalien] ::
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:: Lundi 31 mars 2008 ::
Son mépris
Manalucard n'a que du mépris pour notre famille. Et le plus douloureux dans cette histoire, c'est que je fais partie de cette famille qu'il méprise... Quand nous sommes nous perdu ?
:: zouma 2008-03-31 09:04:11 [Permalien] ::
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:: Vendredi 28 mars 2008 ::
Mon globe.

Elle est dégueulasse cette spirale dévastatrice. Une sphère si bien poncée qu’il n’y a pas moyen de s’en échapper. Elle continue de rouler en laissant sa marque :

 

Image négative de moi,

Envie de mourir,

Pas le cran de passer à l’acte,

Renvoie le manque de courage, de volonté, les faiblesses.

Addiction pour se défouler, oublier.

Renforce l’image négative,

Renforce envie de crever, et ainsi de suite…

 

Ce qui est vicieux ? J’ai finit par m’y faire. Je me suis oubliée au centre de cette boule où j’ai l’impression d’avoir ma place. J’y suis bien logée, bien imbriquée. J’ai l’habitude d’observer le monde depuis cet unique point de vue. Les couleurs, les saveurs, la valeur des choses ne sont perçues que de part cette unique fenêtre.

 

Inconsciemment, je ne veux pas me déloger. C’est comme acheter des pantoufles neuves. Je me sens mal hors de mon univers. Un domaine que je déteste mais que j’ai l’avantage de connaître, contrairement à l’angle opposé qui brille à m’en calciner la rétine. Je suis enchaînée dans la caverne à Platon. Et la peur de sortir, de fouler l’inconnu, me donne envie d’embrasser mes moyens de contentions. Ces chaînes deviennent une excuse derrière lesquelles je peux me dissimuler.

 

Mon esprit est scindé en deux parties. Et l’une de ces moitiés m’observe, un doigt coupable pointé en ma direction. J’ai honte. Je dois la fermer. Je ne veux pas que d’autres index émergent à mon passage.

 

La honte.

Le silence.

 

Voilà encore une boucle, que je boucle en la bouclant.

Quel monde !


:: zouma 2008-03-28 13:00:26 [Permalien] ::
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:: Mercredi 26 mars 2008 ::
Ils seront toujours là.

J’ai choisi la solitude par facilité. Je n’ai pas la force de combattre mes démons. Je pensais que le passé n’avait pas d’importance. Que les choses qui étaient derrière moi le resteraient. Mais les fantômes finissent toujours par réapparaître. Ils surgissent comme ces pantins sur ressort caché au fond d’une boîte.

Comment aurais-je pu espérer me glisser dans des bras, sentir un parfum, ressentir de la chaleur sans qu’une ombre ne plane au-dessus de ma tête. Ils me hantent car je n’ai pas la force de lutter. Pas les tripes pour admettre.

 

Je gâche tout et je continue de ramper. Je saute à pieds joints sur ce monstre à ressort en espérant que personne ne puisse le voir.

Le salopard, il résiste ! Et je dois me cramponner pour ne pas le faire sauter.

Parfois, le ciel s’ouvre et je ferme les yeux. Le poids que je porte semble s’envoler. Alors, je peux respirer et m’enivrer de cette légèreté.

 

Mais les nuages finissent toujours par s’immiscer dans  toute la beauté.

Les ombres se dessinent pour danser et festoyer, bouffant toute ma culpabilité.

Je porte un poids qui n’aura jamais les mots.

Je traîne mon passé, bien planqué.

 

La solitude pour ne plus mentir.

Des forces que j’économise pour que ne puissent jamais s’échapper les spectres auréolés.


:: zouma 2008-03-26 18:10:21 [Permalien] ::
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:: Mardi 4 mars 2008 ::
Jamais contente...

En ce moment, elle essaie de faire des efforts…

Mais elle reste à côté de la plaque.

 

C’est horrible de voir une main qui se tend dans le sens opposé.

Plus encore quand c’est celle de ma mère.

 

Et ça fait mal car je sais qu’on ne s’atteindra pas.

Je ne la toucherais pas.

Pas même un effleurement.

 

Je reste seule, la main tendue.

L'espoir se meurt.

On pleure chacune de notre côté.


:: zouma 2008-03-04 09:17:31 [Permalien] ::
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:: Samedi 23 février 2008 ::
Je me sens perdue...

Je monte sur la balance... J'ai pris 2kg...

Oh mon dieu... S'il vous plait...

Non...

Je vous en supplie...


:: zouma 2008-02-23 12:41:41 [Permalien] ::
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:: Mercredi 20 février 2008 ::
Fefe...

Bientôt 26 ans. Et toujours l’esprit d’un enfant. C’est touchant de le voir parler du jour où il conduira, du jour où il aura un travaille. Il a 26 ans mais il en parle en rêvant, comme tous les enfants qui ont des étoiles dans leurs yeux en imaginant quand ils seront des grands.

Fefe est grand. C’est mon grand frère.

Mais il ne l’a jamais été.

Il ne conduira jamais.

Il ne travaillera jamais.

 

Je l’ai dépassé, et Manalucard le dépasse en ce moment. Ca fait mal car il en prend conscience. Pourtant il continue de rêver.

 

Là, il mange sa tartine au Nutella. L’idiot a du choco sur son menton, il mange comme un porc. Comme un gamin qui ne se soucie pas de la propreté. Il se contente juste de savourer ses deux tranches de pain comme bon lui semble. Il me parle de ses histoires, il barbotte comme un élève de primaire. C’est saoulant. Mais je dois l’écouter, je dois être attentive car sinon qui le fera ?

 

J’adore mon frère mais vous savez… Parfois, c’est fatiguant. C’est usant. Je n’ai plus de patience, et c’est mes nerfs que je dois contrôler pour ne pas lui dire de la fermer. Je ne peux pas être attentive tous les jours. Je ne suis pas parfaite. Mais avec lui, ne pas être parfaite, c’est commettre un crime. Ca me donne l’impression que je ne serais jamais pardonnée. Ca me renvoie l’image d’une fille monstrueuse.

 

On juge vite les gens et leurs réactions face aux handicapés. Mais il ne faut pas.

Un handicapé c’est une personne qu’il faut considérer comme vous et moi. Etre handicapé ne leur donne pas plus de droit, et il ne faut pas l’oublier si on veut maintenir le juste équilibre.

 

On a le temps, ou on ne l’a pas.

On a la patience, ou pas.

On a la bonne manière de s’y prendre, ou pas.

 

Moi, je ne sais pas si j’agis de la bonne façon. J’ai juste grandi avec lui. Je ne suis pas plus gentille, ni plus méchante. Si j’ai envie de lui dire qu’il est chiant, je le fais. Et il peut être agaçant. Une vraie pipelette qui parlotte de chose sans aucun intérêt. Je me demande de qui il tient ça.

 

Je ne sais pas pourquoi je vous parle de lui…

Quand je pense à lui, je sens un nœud dans mon estomac. Un truc lourd que je n’arrive pas à faire passer.

Je ne sais pas ce que c’est. Juste que c’est oppressant.

Voilà peut être pourquoi je parlotte de lui…


:: zouma 2008-02-20 12:20:42 [Permalien] ::
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:: Dimanche 17 février 2008 ::
Je ne veux pas mourir avant d'avoir vécu...

Il me faut apprendre à vivre.

Juste pour moi.

Mais comment faire quand on vous a dépouillé ?

Et qu’on résume sa vie à se donner.

 

Je dois apprendre à exister.

Mais qui suis-je ?

Au bout de 25 ans d’existence, il me faut seulement naître.

Ca fout les jetons.

Exister.

Quand ?


:: zouma 2008-02-17 17:10:22 [Permalien] ::
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:: Dimanche 10 février 2008 ::
En septembre...

L’année prochaine, Manalucard part à l’université.

Les gens me demandent si je serais gérer la situation. Si je n’aurais pas trop de peine.

Moi, je réponds avec un grand sourire que tout ira pour le mieux.

 

En fait, je suis stressée et angoissée. Mais quand j’y réfléchis, il n’y a pas de raison d’en faire toute une histoire.

C’est comme si il était déjà parti…

Enfermé dans sa chambre ou de sortie avec ses amis, il fuit continuellement la maison. Lui et moi, même si on est très proche, on ne fait que se croiser.

L’année prochaine, quand il rentrera les week-end, il aura plus important à faire que de rester au près de sa sœur.

Il a tellement d’amis…

C’est un « people ».

 

L’année prochaine, il ne pourra plus taxer dans mon paquet de cigarettes. Il ne me demandera plus de lui payer des trucs avec un immense sourire, car il aura bu tout son argent lors d’une beuverie. Je n’entendrais plus sa guitare chanter à 00h30. Il ne bouffera plus toute la connexion. Il ne m’agacera plus !

Fini de débarrasser sa table, de rincer sa baignoire, de faire du ménage dans sa chambre…

 

Adieu à tout jamais…

De ces petites choses qui font qu’on est frère et sœur. Des conversations sans intérêt qu’on a lorsqu’on boit un café. Des idées philosophiques qu’on échange pour voyager au-delà de ce qu’on veut bien nous montrer. Des fous rires qu’on se tape au petit matin, la tête complètement dans le cirage. Du lit qu’on partage lorsqu’on regarde un DVD. Des confessions que je suis la seule à entendre.

 

Dans cette prison, il est mon voisin de cellule. En septembre, il sera relâché. Je vais perdre la seule personne avec qui il est possible de converser. Il s’éloigne déjà ce morceau de réalité…  Je vais le perdre… Le monde est si beau vu de l’extérieur, il va fleurir. La distance nous séparera. Et je serais toujours à l’ombre, en train de flétrir. Quand nous nous croiserons, lui comme moi, nous porterons un masque. On se mentira pour passer de bons moments. Il n’y aura plus que du superficiel. Lui aussi, comme les autres, il mentira.

 

En septembre, je devrais dire au revoir…

Mais, je sais que ce jour là, il s’agira d’Adieu…

 

Faire le deuil de ces petites choses qui formaient un véritable tout. Enterrer la proximité qui nous empêchait de mentir.

En septembre, on m’arrachera un bout de moi…


:: zouma 2008-02-10 07:44:12 [Permalien] ::
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:: Dimanche 3 février 2008 ::
Ma vie déclive...

Putain de solitude qui fait le ménage du reste d’humanité qui s’accrochait sous mon muscle cardiaque.

Ca tire, déchire en lambeaux douloureux des résidus de nostalgies.

Ma vie… Avant, elle était animée par des sourires, des rires, des gens…

 

A présent, il ne reste plus rien.

Que la maladie.

Cette saloperie a fini par en demander plus.

Insatisfaite de bouffer ma santé, elle rogne aussi ma vie.

Je suis seule à présent. Complètement isolée, repliée.

Presque plus d’amis, même pas de famille.

Seule.

Tellement désespérée.

 

Il y a quelques années, je rêvais du jour où tout irait mieux.

Le temps passe. La pente plus raide… L’impact sera fatal.

 

Vite.

Je n’en veux plus de ce vide.

De toute cette solitude.


:: zouma 2008-02-03 06:20:42 [Permalien] ::
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:: Dimanche 27 janvier 2008 ::
J'aimerais...

On peut vouloir, désirer, espérer…

Et ne jamais obtenir…

 

Moi, je veux crever de faim.

Que des bras me bercent.

 

J’aimerais que la bouffe n’existe pas.

L’euphorie des famines me donnerait des ailes pour grimper là haut, dans les cieux.

La brise n’aurait qu’à pousser mon corps décharné.

Je n’aurais plus qu’à m’écrouler pour qu’alors les étoiles m’illuminent les yeux.

 

J’aimerais être belle.

Que ma peau craquelle, trop serrée autour de mes articulations.

 

J’aimerais…

 

Malheureusement, mes journées sont brodées de songes.

Et mon corps s’ondule à chaque rotation terrestre.

 

Du bout des doigts, j’espère toucher une étoile. 

J’aimerais fermer les yeux.  

Effleurer mon rêve…


:: zouma 2008-01-27 12:56:17 [Permalien] ::
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:: Dimanche 20 janvier 2008 ::
Elle me contrôle.

Moi c’est en quantité draconienne.

Toi c’est en portion infime.

 

Le seul terrain sur lequel tu me domines,  c’est la bouffe.

Alors, tu enfermes les aliments sous clefs.

Tu choisis les aliments sur lequel je peux criser. Ils attendent toujours sur le plateau en verre de la cuisine. Ou simplement dans le frigo, sur la planche du milieu.

 

Tu me contrôles, et c’est horrible.

Tu pars, et la première chose que tu fais quand tu rentre, c’est inspecter pour faire le décompte de ce qui a disparu.

Tu fais des remarques acerbes, tu me rabaisses car j’ai craqué !

 

Oui, je suis nul et je m’empiffre. Je coûte du pognon.

Toi, tu bouffes queudalle, mais tes pilules pour maigrir doivent valoir le pesant de ce que je dégueule !

 

Je te hais ! Je te hais ! Et je te HAIS !

 

Je me sens piégée, étouffée. J’ai envie de tout foutre en l’air. J’ai envie d’exploser. J’ai envie d’éliminer en un claquement de doigt tout l’univers.

Une crise de boulimie est compulsive, mais à cause de toi je fais des crises restrictives.

Au lieu de me soulagée, elle me frustre d’avantage… Alors, je recommence…

Encore et encore.

Avec des aliments difficiles à faire repasser.

Là, je crève de mal… J’ai l’impression que mon antre est déchiré…

Pourtant, je vais recommencer…

Ce soir, ce sera la troisième…

 

Putain, je ne sais pas si je te déteste plus ou moins que la boulimie.


:: zouma 2008-01-20 14:00:16 [Permalien] ::
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:: Mercredi 16 janvier 2008 ::
"Maman"

Les mots les uns sur les autres. Emmêlés et démêlés.

 

Le cœur si gros, si lourd que j’en ai la nausée.

Je voudrais pleurer…

Je voudrais m’exprimer…

 

Combien de fois seule ?

Combien de fois espérer ?

Combien de fois ?

Combien de fois ?

 

Si je pouvais la briser, de la même façon qu’elle m’a usée.

Si je pouvais la toucher, de la même façon qu’elle m’a dépossédé.

Je devrais la tuer, car elle m’a achevée.

 

Construire une vie… Mais pourquoi faire ?

Elle m’a tout pris, jusqu’au plus petit bout du dernier rêve.

Une vie sans envie. Imaginez.

C’est croquer une pomme sans en avoir le goût, rester sous le soleil sans en sentir sa chaleur, voir un arc-en-ciel sur un écran noir et blanc,…

 

Si je suis anéantie, comment réussit-elle à me faire si mal ? Est-ce l’amour que j’ai pour elle ?

Oui, je l’aime…

J’ai honte de l’avouer.

Je suis stupide…

Complètement cinglée d’aimer cette femme qui ne sera jamais ma mère.

‘Maman’ est le nom de code d’une mission suicide.